Exposition permanente

Exposition permanente du Musée des Huguenots

Qui étaient les Huguenots ?

La notion d’Huguenots désigne des chrétiens réformés qui vivent selon les préceptes de la doctrine de Jean Calvin (1509-1564) et qui viennent de l’espace francophone. Les adversaires des réformés français ont toujours utilisé cette expression, apparue vers 1560, comme une insulte. Dans le monde entier, la croix huguenote est un signe de reconnaissance et de profession de foi des chrétiens réformés.

Dans les premières pièces, l’exposition retrace l’histoire du protestantisme dans la France du 16ème siècle, une histoire toujours marquée par l’oppression et la persécution. Malgré cela, les Huguenots sont devenus une force politique importante, le nombre de fidèles ne cessant d‘augmenter. Les guerres des Huguenots, huit en tout, qui ont eu lieu entre 1562 et 1593 ont abouti au clivage de la France. Un des évènements capitaux les plus connus des guerres des religions est la Nuit de la Saint-Barthélémy de 1572, également appelée les « noces de sang parisiennes ». L’exposition montre la gravure de Jan et Caspar Luyken représentant la Nuit de la Saint-Barthélémy à Paris (1696). Avec l’Édit de Nantes de 1598, Henri IV a créé le cadre juridique fondant des relations pacifiques et respectueuses entre les différentes confessions. Pour la première fois, les Huguenots se sont vus accorder la possibilité de vivre leur religion dans la paix. L’exposition montre également une reproduction de l‘Édit de Nantes.

Oppression et fuite

1685 constitue le début d‘un des plus grands flux migratoires du début de l‘ère moderne. La révocation de l‘Édit de Nantes par Louis XIV allait contraindre les protestants vivant en France à renier leur foi et à affirmer leur allégeance à l‘Église catholique. Ceux qui voulaient rester fidèles à leur foi devaient se réfugier dans la clandestinité ou envisager la fuite, rendue périlleuse par les interdictions d‘émigration, dans un pays où régnaient de meilleures conditions pour eux. Dans les pièces suivantes de l’exposition, les visiteurs voient les développements historiques dans la France du 17ème siècle.

Arrivée

Au moment de la promulgation de l’Édit de Potsdam, il existait déjà à Berlin une colonie de français réformés. Ainsi Berlin est-elle devenue un point d’accueil naturel pour les nombreux nouveaux réfugiés. Jusqu’au début de l’année 1689 sont apparues un grand nombre de colonies avec ou sans propre église française dans les Marches de Brandebourg. La première vague de création de colonies françaises entre 1685 et 1688 peut être interprétée comme l’effet direct sur l’Édit de Fontainebleau et l’interdiction d’exercer la religion en France. D’autres vagues d’implantation de colonies françaises ont suivi, celles-ci étant étroitement liées aux activités de politique intérieure et extérieure de Brandebourg-Prusse, d’autres pays d’accueil et la France. Parallèlement, le nombre croissant de créations de colonies s’accompagnait de l’augmentation du nombre d‘immigrés et de leurs descendants dans les colonies. Jusqu’en 1740, environ 20.000 sujets huguenots vivaient en Brandebourg-Prusse, Berlin et ses faubourgs en constituant toujours le centre. Ainsi l’Édit de Potsdam est-il une des pièces les plus importantes de l‘exposition.

Les Huguenots à Berlin et dans le Brandebourg

C’est en particulier la colonie de Berlin que les anciens réfugiés religieux ont considérée comme étant leur nouvelle patrie. Ici se trouvaient la plupart des institutions sociales de l’Église et vers 1700, un berlinois sur quatre était français. L’exposition présente les paroisses et les églises, les institutions d’assistance aux pauvres ou du système d’éducation et scolaire ainsi que des personnalités connues issues du monde de l’art et de la science.

Dans quelques vitrines, on présente également l’histoire de la construction du Temple et de l’église française de la Friedrichstadt avoisinante jusqu’aux destructions subies au cours de la Seconde Guerre mondiale.